Et j'écoutais l'eau se retirer des ruines
D'un royaume que j'avais construit de mes mains.
Noyant les fondations d'une vie qu'elle enmène,
En la déchirant en lambeaux vers le lointain.
Et je regardais mon être soudain brisé.
Toutes mes illusions ainsi dissipées,
Me laissent tel une épave si usée
Qu'elle en a perdu toute son identité.
Ce retour brutal à la dure réalité
A ravagé d'un coup bref un être entier
Qui a pleuré un océan sombre et troublé
Sur lequel, j'erre comme un navire égaré.
Tout ce en quoi j'ai cru n'était que faux repères.
Et en les suivant pour grandir pas à pas,
Je n'ai fait qu'accroitre un esprit désert
Tout en croyant être ce que je n'étais pas.
Dans les eaux troublées d'une âme errante,
Je sais que je trouverai mes vérités.
Pourtant l'obstacle de la nuit ambiante
Se dresse toujours devant moi comme pour m'empêcher
D'acquérir ces connaissances que j'ai tant besoin
Pour me reconstruire à partir de ce qui n'est plus.
Je ne suis qu'un bateau fantôme égaré,
Qui n'est que l'ombre de ce qu'il aurait dû être,
Dérivant en quête de son identité
A travers les eaux d'une vie à connaitre.
Et qui espère qu'une main éclairera sa vie
Pour lui permettre de contempler des reflets
Seules clefs pour pouvoir enfin avancer tout droit
Vers la rive de sa vraie identité.